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Paris, 17 février 2008 : lettre de soutien des Verts paris au collectif Droits et Prostitution :
et ci-après le communiqué annonçant la candidature de Pascale Ourbih dans le 16è arrondissement de Paris :
Communiqué des Verts Les Verts du 16ème sortent du bois ! La comédienne et militante féministe d’origine algérienne Pascale Ourbih, première personne à avoir bénéficié du droit d’asile au motif de se transsexualité, lance la campagne des Verts dans le 16e arrondissement de Paris. Elle sera épaulée par Anne Souyris, n°2 de la liste et porte-parole nationale des Verts. Vivant en France depuis 28 ans, récemment naturalisée, Pascale Ourbih dédiera son premier vote le 9 mars 2008 à son aïeul mort pour la France en 1914 en Algérie et à ses deux grands-pères qui ont perdu leur vie pendant la bataille de Monte Cassino. Journaliste, économiste, comédien-ne, travailleur/se du sexe, chercheuses spécialisés sur la prostitution et l’usage de drogues, ingénieure spécialiste de l’environnement, graphistes, étudiants, chômeurs, militants associatifs… Français de 1ère, deuxième, ou de vingtième génération, femmes, hommes, trans : autant d’activités, de cultures et de modes de vie composent cette liste. Cette diversité reflète le 16e arrondissement tel qu’il est, pas tel qu’on voudrait le donner à voir. « J’ai choisi les Verts comme Parti de l’écologie et de l’émancipation, parce qu’ils soutiennent que le bien être pour tous passe par une ville sans pollution, repose sur la solidarité, équivaut à vivre sa diversité comme une richesse plutôt qu’un fardeau. » résume Pascale Ourbih. Plusieurs thématiques seront abordées pendant cette campagne : parmi elles, le développement d’un logement respectueux de l’environnement pour tous, aide à l’autonomie des personnes isolées, bien-être animal, multiculturalité, accès aux droits et développement de la concertation. « Notre campagne a pour objectif d’aider le 16e arrondissement à ne plus être un ghetto enfermé sur lui-même et de permettre à tous ceux qui n’ont pas le droit de cité de participer à la vie politique de Paris. » souligne Anne Souyris. Du 16ème, avec courage et ténacité, Pascale Ourbih, Anne Souyris et leurs colistiers viennent apporter nos revendications sur la place publique. Apportons-leur notre soutien : « Avec les Verts, sortons du bois ! » |
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Cette rubrique reprend les textes de nos amies, associations ou activistes putes qui ne trouvent pas d'autres supports de communication. Il s'agit également de traductions de textes diffusés initialement dans d'autres pays. Tout groupe ou activiste pute qui souhaiterait publier un texte sait donc qu'elle peut le faire sur cette page. Il suffit de prendre contact avec nous. Londres : la women's library et la prostitution : qu'est ce qui ne va pas? Prostitution What is going on?L'International Union of Sex Workers, l'International Committee on the Rights of Sex Workers in Europe, NextGENDERation, le Network of Sex Work Projects, la Sexual Freedom Coalition, London No Borders, ENS (l'éducation n'est pas à vendre), TLC (mise en réseau des hommes et femmes handicapés avec des travailleurs du sexe responsables) et x:talk (cours d'anglais pour les travailleurs étrangers de l'industrie du sexe) protestent contre l'exposition Prostitution: What is going on? de la Women's Library de Londres. Leur mobilisation vient de leur implication dans les luttes autour du genre, du travail et des migrations au sein du travail sexuel et de l'urgente nécessité de créer des alliances entre travailleuses et travailleurs, quels que soient leur nationalité, classe sociale et le secteur dans lequel ils oeuvent, afin de changer l'industrie du sexe. Le programme de cette conférence exclut les travailleuses et travailleurs du sexe, leurs organisations ainsi que toute personne parlant à partir d'une perspective s'appuyant sur leurs luttes. Les orateurs et oratrices qui s'expriment sur les migrations et le travail sont également exclus. Cette exposition est paternaliste et blessante dans ses représentations des travailleuses et travailleurs du sexe et du travail sexuel. Elle défend l'idée que les travailleuses du sexe sont de pauvres victimes (lire : faibles) d'hommes sexuellement agressifs. Et très clairement comme d'habitude, la prostitution est abordée en ne considérant les travailleuses et travailleurs du sexe que comme des objets du discours, et non pas comme des sujets. Quelle place est accordée pour représenter les travailleuses et travailleurs du sexe comme des femmes, hommes et transgenres qui tentent individuellement et collectivement de lutter pour améliorer leur vie, d'être plus libres, de traverser des pays et de travailler dans de meilleures conditions? Aucune place n'est accordée à l'analyse de l'exploitation et de la coercition qui existent dans l'industrie du sexe et qui ne sont pas dûes à des hommes mauvais, mais aux lois, régulations et discours qui criminalisent le travail sexuel et à l'impossibilité pour les travailleuses et travailleurs du sexe de travailler ensemble, de s'unir au sein de syndicats et de s'organiser, à l'impossibilité pour la plupart des gens dans le monde de migrer dans des conditions légales, à l'impossibilité pour beaucoup de gens, et traditionnellement mais pas seulement les femmes, de gagner assez d'argent au sein des espaces légaux du marché du travail. En choisissant de représenter et de discuter la prostitution de cette façon, la Women's Library a fait un sérieux choix politique, et s'inscrit dans une stratégie plus large d'exclusion des migrant-es, des travailleuses et travailleurs du sexe et de leurs allié-es qui, partout dans le monde, essaient d'organiser et de changer les conditions de travail au sein de l'industrie du sexe à partir des perspectives forgées par les luttes syndicales et de défense des droits des migrant-es. Il n'y a pas une seule position féministe sur le travail du sexe. Or, quand le féminisme ne voit la prostitution que comme une violence "d'hommes méchants" contre "d'innocentes femmes", il efface les expériences complexes de beaucoup de travailleuses et travailleurs du sexe, incluant ceux et celles qui utilisent leurs ressources dans le sexe pour gérer une variété de problèmes financiers ou migratoires, et qui se trouvent dans des conditions d'exploitation et d'abus. Il soumet au silence les travailleuses et travailleurs qui font consciemment le choix de travailler dans le sexe mais qui sont parfois victimes de maltraitances. Les maltraitances que nous subissons et notre stigmatisation sont alors considérées comme les conséquences naturelles de notre volonté de travailler comme prostitué-es, signifiant ainsi que c'est notre propre faute. Cela renforce la dichotomie classique entre les femmes innocentes et coupables, et promeut l'idée que les femmes "innocentes" méritent protection tandis que les "coupables" peuvent être abusées en toute impunité. Quand le féminisme nie que le travail du sexe est un travail, il nous force à passer notre temps à défendre l'existence de notre travail au lieu de lutter pour sa transformation. Ceci nous empêche de bénéficier des plaisirs de notre travail ou de les inventer. Quand le féminisme contribue ou promeut la panique morale au sujet de la "traite des êtres humains", il se rend lui-même complice de l'augmentation des contrôles aux frontières, des restrictions migratoires, de la dépendance des immigré-es les plus fragiles, des rafles policières sur les lieux de travail et des expulsions. Ce discours en effet légitimise les violences d'État et la création de hiérarchies entre les citoyen-nes. Nous sommes en train de développer des discussions et des actions qui perturbent cette tendance au sein des mouvements féministes associatifs et théoriques. Nous croyons en un féminisme qui échange avec les personnes qui font du sexe un travail. Vendre du sexe est un travail qui a bien des points communs avec bien d'autres métiers d'échange de services personnels sur le marché capitaliste. En même temps, nous reconnaissons que les formes sous lesquelles le travail du sexe existent sont aussi profondément apparentées aux travaux dits "féminins" de soins, au travail domestique, et aux activités de services sexuels et de reproduction. La demande d'argent contre du sexe est souvent un moyen de casser et de déplacer significativement les visions traditionnelles des femmes, mais pas seulement elles, comme censées devoir rendre des services sans aucune rémunération. Nous plaçons donc au centre de notre vision féministe l'autonomie de toute personne, quel que soit son genre, qui emploie ses ressources dans le travail du sexe et/ou qui traverse les frontières Nous demandons à la directrice de la Women's Library d'inclure ce présent texte au sein de l'exposition, la bannière de l'International Union of Sex Workers, ainsi que le manifeste et la déclaration des droits issus de la conférence européenne de 2005. Ces deux documents ont été présentés au parlement européen par l'International Committee on the Rights of Sex Workers in Europe le 17 octobre 2005. "Si vous êtes venus pour m'aider vous perdez votre
temps. Mais si vous êtes venus parce que votre libération est liée à
la mienne, alors nous pouvons travailler ensemble." Source : Traduction libre du communiqué du 23.11.2006 de l'International Union of Sex Workers (IUSW) par Thierry Schaffauser, travailleur du sexe, membre de l'IUSW basé à Londres et de Les Putes Page reliée : IUSW Press Release - Protest a success! « Les violences contre les femmes prostituées : de plus en plus organisées et légitimées par les politiques publiques (et la société civile) » 13
janvier 2005 | Le texte reproduit ci-dessous est une communication
publique de l’association toulousaine Grisélidis, association de santé communautaire avec les prostituées. Il décrit l’action de Grisélidis et surtout les réalités des persécutions subies par les travailleuses du sexe. Avec ce texte, Grisélidis prend position contre la répression institutionnalisée par la loi sur la sécurité intérieure de Sarkozy et demande son abrogration.
En quelques mots : Pourquoi ce nom Grisélidis Les rapports sociaux hommes-femmes sont au centre de notre lecture des situations Il faut savoir que malgré la stigmatisation dont elles sont l’objet, la plupart des personnes prostituées considèrent leur activité comme un travail. La prostitution n’est pas interdite en France, ses revenus sont soumis à déclaration aux services fiscaux et imposables. Les personnes étrangères qui exercent la prostitution en France avec un visa de tourisme sont considérées par les juges comme en infraction avec la législation du travail. La thématique « prostitution » est tellement complexe du fait principalement des représentations dont elle est chargée, qu’en quelques minutes nous n’allons évidemment pas faire le tour de la question. Nous voudrions simplement mettre l’accent sur quelques réalités brutes qui sont La différence de traitement entre les
femmes prostituées et les hommes prostitués. Et mettre l’accent sur la loi dite Sarkozy qui est venue en mars 2003 aggraver une situation antérieure déjà très lourde d’injustice et de stigmatisation, en punissant le racolage y compris dit « passif », de 3750 Euros d’amende et jusqu’à 2 mois de prison.
1- La différence de traitement entre les femmes prostituées et les hommes prostitués.
Les travestis, les transgenres, - qui se présentent visiblement dans l’ordre du féminin - aussi. Les hommes prostitués ne le sont pas (tant mieux !). Le racolage Sur le tapin, les femmes prostituées « racolent », et sont punies pour cela. Même la présence de préservatifs dans leur sac est utilisée comme élément de suspicion. Les hommes prostitués « draguent » : c’est ce qui est admis par la police, et ils ne sont pas poursuivis pour cela. Les violences Les femmes sont beaucoup plus souvent que les hommes, et de très loin, et de plus en plus, enlevées, violées, volées, battues par des quidams de tous profils. Nous accompagnons en ce moment même 13 femmes qui ont déposé des plaintes en cours d’instruction, pour enlèvement, viols, tentatives de proxénétisme, ce qui est peu au regard du nombre d’agressions réelles, mais ces plaintes sont néanmoins le résultat d’un gros travail d’empowerment, d’incitation et de soutien.Car le plus souvent les femmes refusent encore de déposer plainte. Il n’est pas rare que des femmes ayant déposé plainte soient poursuivies pour racolage ou situation irrégulière peu de temps après, et parfois reconduites à la frontière avant la fin de l’instruction. Les femmes sont de loin, le plus souvent, et de plus en plus, contrôlées, harcelées, arrêtées, mises en garde à vue, jugées par les tribunaux, et emprisonnées. Ceci n’est pas sans lien avec le sentiment d’impunité qui semble avoir gagné les agresseurs.
2- La différence de traitement entre les femmes prostitué-e-s et les hommes clients
La femme qui se tient dans la rue, même immobile « racole » par sa seule présence et sa seule intention, l’homme qui tourne et retourne, à pied, en voiture, puis s’arrête pour demander une passe ne racole pas. La femme est punie comme motrice, agissante, l’homme reste légitime à la place qu’il occupe. Leur statut vis à vis de l’argent n’est pas le même : L’argent de la transaction n’est illicite que pour l’une des deux parties : la femme. La femme qui a fait payer est mise en garde à vue et poursuivie devant le tribunal, l’homme qui a demandé le prix, et a payé est libre. Les transactions identiques, entre deux hommes ( prostitué et client), ne sont pas poursuivies, à notre connaissance (tant mieux !). Leur statut vis à vis de la sexualité n’est pas le même : Les femmes multipartenaires ne se voient guère octroyer d’autre qualification que celle de victime ou de salope. C’est bien là que se joue le stigmate de « pute ». Les hommes multipartenaires se valorisent de leurs conquêtes ou de leurs performances, ils se verront tout au plus qualifier de Don Juan ou de chaud lapin. Même si la morale se doit de les réprouver pour la forme, ils y puisent une valorisation.
3- La différence de traitement entre les femmes prostitué-e-s et les hommes proxénètes
Par contre, de plus en plus, nous voyons des jeunes femmes prostituées arrêtées et placées en détention provisoire pour des séjours en prison qui peuvent durer de longs mois, sous le chef d’inculpation de proxénétisme. Les juges espèrent bien de ces « petites pointures » qu’elles dénoncent les hommes proxénètes dont elles seraient les relais, elles sont ainsi instrumentalisées, c’est sur elles que s’exercent la pression et la répression. Depuis un an, au moins une douzaine de femmes ont été emprisonnées, de 13 jours à 11 mois sans jugement, ce qu’on nomme détention provisoire ou préventive, ce ne sont que celles que nous connaissons bien, il y en a plus. Depuis un an, nous n’arrivons plus à comptabiliser les arrestations de femmes (de 8 à 10 par semaine), les mises en garde à vue, les mises en centre de rétention, les comparutions au tribunal avec condamnation pour racolage.
4- La différence de traitement entre les femmes prostitué-e-s et les autres femmes.
l’accès à l’emploi et à la formation : Les difficulté d’accès à l’emploi sont les mêmes que celles de toute les femmes (palette réduite des métiers proposés, emplois précaires, charge des enfants ...). S’y ajoutent quelques obstacles spécifiques
: C’est pour ces raisons que beaucoup d’entre elles continuent à fréquenter assidûment l’association, pendant la transition et bien après ce que nous appelons leur réorientation de carrière : c’est le seul endroit où il n’y a pas de rupture, où passé, présent, et avenir, peuvent se dire et s’articuler.
5- Conclusion
Ou du moins, quand elles le font, c’est sous forme de déclarations de principes, dans l’abstraction d’un refus global du « système prostitutionnel », qu’il s’agit d’éradiquer sans prendre en compte les personnes concernées ni en débattre avec elles, et sans lien avec la réalité. Les violences qui sont faites aux femmes prostituées seraient spécifiques et inhérentes à leur activité... Or, la plupart des « violences au travail » qu’elles subissent sont la résultante d’un dispositif réglementaire très discriminant. Nous espérons avoir réussi en très peu de mots à vous le faire entrevoir. Nous sommes plus qu’inquiètes, la situation faite aux prostituées à l’heure actuelle augure fort mal de ce qui se prépare pour toutes les femmes et pour la notion même de Droit . Nous avons lutté, et luttons encore pour prendre la parole et être reconnues comme sujet de notre histoire. Les femmes prostituées n’ont-elles pas le droit d’être reconnues comme sujet de leur histoire ? Ou encore, est-ce que l’émancipation des femmes peut se faire en occultant cette oppression organisée et légalisée sous nos yeux ? La menace du stigmate de pute, c’est-à-dire la peur d’être identifiée comme une pute, avec laquelle nous avons toutes grandi, sert à renvoyer toutes les femmes dans les rôles que les hommes en attendent dans une société organisée à leur profit. Ce stigmate hiérarchise les femmes entre elles, nous divise, nous dresse les unes contre les autres et plus particulièrement contre les femmes prostituées. Ce stigmate est plus que jamais en action, nous en sommes les témoins chaque jour Nous
lançons un appel vibrant à se solidariser et se mobiliser avec les prostituées mais aussi en dehors d’elles sur la situation qui leur est faite. Nous appelons à des prises de position claires contre la répression, nous demandons au minimum l’abrogation des mesures issues de la loi sur la sécurité intérieure, dite loi Sarkozy. |
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